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Le Satyricon  (séquelle) : 

Giton et Encolpe
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Le roman original, *Le Satyricon*, écrit par Pétrone vers les années 50 et 60 après J.-C., raconte la vie aventureuse et débridée de trois jeunes hommes, deux d’une vingtaine d’années et un plus jeune, Giton. Une dimension fortement sexuelle occupe une part non négligeable du texte. Pétrone est toutefois un homme de lettres et, par conséquent, évite de décrire des scènes sexuelles ouvertement explicites. BF 69 ne s’impose aucune limite de ce genre – bien au contraire, d’ailleurs. C’est pourquoi j’ai préparé une réécriture, une réinterprétation de certaines parties du texte original, mais en présentant cette fois-ci la sexualité sans tabous, sans hypocrisie, sans retenue… Bref, du porno torride !
Je vous suggère de jeter un œil à la courte page (cliquez ici) que j’ai écrite sur le *Satyricon* avant de lire l’histoire ci-dessous




PARTIE 1 -  Une journée de Giton et Encolpe à Puteola (Pouzolles, de nos jours)


L’air lourd des thermes enveloppait Encolpe comme une seconde peau, chargé de cette humidité tiède qui collait aux bronzes des murs et aux corps des baigneurs. Des voûtes en pierre, noircies par des années de vapeur, semblaient suinter une chaleur sourde, tandis que les éclats de voix et les rires étouffés résonnaient entre les colonnes cannelées. Il avançait d’un pas traînant, les sandales claquantes sur le marbre poli, les doigts effleurant distraitement la ceinture de sa tunique. Même s’il avait volé un pain - plutôt rassis il est vrai - et des olives au marché de Subure, la faim lui tordait encore les entrailles, mais une autre faim, plus sournoise, lui brûlait le bas-ventre. Les salles des thermes se suivaient. Après le caldarium, où l’air chaud et humide était lourd et presque irrespirable, Encolpe passa dans le tepidarium puis le frigidarium. Là, sur les bancs, le long des murs, des vieillards aux chairs flasques se prenaient pour des philosophes en se frictionnant l’échine, des marchands bedonnants négociaient des contrats entre deux gorgées de vin coupé, et des jeunes gens, les cheveux encore humides de la natatio, étaient allongés sur les bancs de marbre en s’étirant comme des chats. Encolpe les observait du coin de l’œil, la lèvre supérieure frémissante. Il n’avait pas le temps pour ces jeux de regards, pas aujourd’hui. Giton avait disparu depuis l’aube, et Ascyltos rôdait quelque part, ce chien, prêt à lui souffler sa proie comme il lui avait déjà volé sa dernière obole.

Il poussa la porte de bois massif menant à la palestre, et l’air changea aussitôt. La lumière, le soleil inondait le vaste espace. Les murs des galeries qui l’entouraient étaient ornés de fresques représentant des athlètes en pleine lutte, leurs muscles saillants peints dans des postures impossibles, les cuisses luisantes d’huile comme si on venait tout juste d’y passer l’éponge. Au centre, une dizaine de jeunes hommes s’entraînaient, leurs corps nus brillants sous le soleil de l’après-midi. Certains soulevaient des haltères, les veines de leurs avant-bras gonflées comme des cordes, d’autres s’affrontaient à la lutte, leurs peaux claquant à chaque prise, le souffle court sifflant entre leurs dents serrées. Là, près des estrades, un garçon aux hanches étroites se courbait pour ramasser un disque de bronze, ses fesses pâles tendues vers le ciel, ses cuisses minces tremblant sous l’effort. Un autre, plus grand, les épaules larges comme celles d’un portefaix, se versait de l’huile sur les paumes avant de se frictionner les pectoraux, ses mamelons durs comme des cailloux sous ses doigts. Et puis il y avait celui-là, accroupi près du mur, les genoux écartés sans pudeur, qui se grattait la nuque en riant, exposant sans le savoir le duvet blond de son aine, là où la toison commençait  à s’épaissir. Encolpe sentit ses doigts se crisper. Il aurait pu jurer que l’air, ici, était plus épais, comme chargé des effluves musqués de ces corps en sueur.

Un rire gras retentit soudain près de lui. Il tourna la tête et aperçut, dans l’ombre d’une colonne, un petit groupe attroupé autour d’un banc de pierre. Deux hommes - l’un bedonnant, la barbe grisonnante, l’autre sec comme un clou, les joues creusées par la débauche, encadraient un jeune garçon tout juste pubère. Celui-ci était assis sur les genoux du plus vieux, les jambes repliées sous lui comme une poupée de chiffon, sa tunique de lin blanc remontée jusqu’à mi-cuisses. Le barbu lui tenait le menton d’une main, ses doigts boudinés écrasant presque les lèvres du jeune, tandis que l’autre, le sec, avait glissé une paume sous l’étoffe, là où la toison pubienne devait ombrager la peau. « Allez, mon petit coq, montre-nous donc si tu sais chanter », grogna le barbu en écrasant sa bouche contre celle du garçon.Encolpe entendit le gémissement étouffé du garçon, vit ses doigts s’agripper aux bras de son ravisseur, non pas pour le repousser, mais pour se retenir de basculer en arrière. L’autre homme, celui aux joues creuses, ricana en remuant la main sous la tunique, ses phalanges dessinaient des cercles lents sur le ventre plat du jeune. « Je sens quelque chose de petit mais bien agréable dans la main. Voilà, dit-il d’une voix rauque, qui prendra gentiment du service demain pour me mettre en appétit. Aujourd’hui, après avoir mangé une grosse anguille, je ne veux pas de menu fretin. »

Un frisson parcourut l’échine d’Encolpe. Il connaissait cette voix, ce ton dédaigneux qui promettait autant de douleur que de plaisir. L’ado gémit à nouveau, plus fort cette fois, et le barbu en profita pour lui fourrer deux doigts dans la bouche, étouffant le son. « Suce, petit, ou je te fais sucer par les autres. Tu choisiras ? » Le garçon obéit, les joues creusées, les yeux brillants d’une humidité qui n’était pas que de la peur. Encolpe serra les dents. Il aurait pu s’approcher, proposer ses services - ou ceux de Giton - pour une pièce ou deux. Mais quelque chose le retenait. Peut-être la façon dont le garçon se laissait faire, les cuisses légèrement écartées, comme s’il attendait déjà qu’on lui dise de les ouvrir davantage. Ou peut-être cette main sous la tunique, qui devait maintenant enrouler des doigts autour d’une hampe encore molle, la réchauffant, la préparant. Il détourna les yeux, la bouche amère. Ascyltos adorerait cette scène. Encolpe, lui, préférait des proies moins dociles.

C'est alors qu'il l'aperçut.
Giton.
Adossé contre un pilier à l’autre bout de la palestre, les bras croisés sous sa poitrine menue, comme s’il n’avait rien de mieux à faire que d’attendre qu’on le remarque. Il portait cette tunique courte, celle que Encolpe lui avait volée—ou plutôt empruntée, comme il aimait à le dire—sur l’étal d’un marchand du Macellum – le marché de Puteoli, un morceau de lin si fin qu’il moulait ses hanches étroites et laissait deviner, à chaque mouvement, le galbe ferme de ses fesses. Le tissu, remué par un courant d’air, se soulevait par intermittence, offrant des aperçus fuyants de la peau laiteuse de ses cuisses, là où la toison brune commençait à s’épaissir. Giton avait ce don, cette façon de se tenir qui faisait croire qu’il était là pour eux, pour lui, même quand il fixait le vide. Ses lèvres, légèrement entrouvertes, luisaient comme si elles venaient d’être léchées. Ses yeux - noirs, trop grands pour son visage - brillaient d’un éclat fiévreux, et ses doigts, longs et fins, tapotaient distraitement sa cuisse, comme s’il comptait les battements de son propre cœur. Autour de lui, les regards glissaient, s’attardaient sur sa silhouette androgyne qui attirait les hommes autant que les femmes. Un lutteur, encore essoufflé par son combat, s’arrêta net en le voyant, les narines frémissantes. Un vieux sénateur, qui n’aurait dû avoir d’yeux que pour les jeux du cirque, détourna la tête un peu trop vite. Même les esclaves chargés de ramasser les éponges semblaient ralentir en passant près de lui.

Encolpe avança, ses sandales crissant sur les grains de sable éparpillés. Il ne se pressait pas. Giton l’avait déjà repéré - il le savait. Le jeune homme ne bougea pas, mais ses doigts cessèrent de tapoter sa cuisse.« Tu te montres, enfin », murmura Encolpe en s’arrêtant à un pas de lui. « J’ai cru que t’avais filé avec Ascyltos. »Giton leva les yeux, un sourire en coin étirant ses lèvres. La voix du jeune homme était plus rauque qu’à l’habitude, comme s’il avait crié- ou gémi - trop fort. Encolpe sentit ses doigts se refermer en poing. Il aurait pu le gifler, là, tout de suite, pour cette insolence. Ou l’embrasser. Les deux options lui semblaient également tentantes.« Tu sais très bien ce qu’il te ferait, ce porc », gronda-t-il. « Il te vendrait à la première taverne venue pour une cruche de vin. » Giton éclata de rire, un son clair, presque enfantin, qui résonna étrangement dans la lourdeur de l’air.« Et toi, tu me gardes par pure charité ? » Il se décolla du pilier, la tunique remontant encore un peu plus, et fit un pas vers Encolpe, assez près pour que ce dernier sente la chaleur de son corps. « Ou bien c’est parce que t’as peur que je trouve quelqu’un qui me baise mieux que toi ? » Le mot – baise - frappa Encolpe comme un coup de poing dans le ventre. Il attrapa Giton par le poignet, les doigts s’enfonçant dans la peau tendre de l’intérieur de son bras.

 « Viens », siffla-t-il. Encolpe ne lui laissa pas le temps de protester. D’un mouvement vif, il l’entraîna vers l’arrière de la palestre, là où un couloir étroit, à peine éclairé par une lampe à huile mourante, menait aux réserves de cire et d’huile. Personne ne venait jamais ici, sauf les esclaves trop paresseux pour faire leurs besognes en plein jour. Encolpe connaissait les lieux. Il connaissait surtout le renfoncement, derrière les jarres d’argile, où l’on pouvait s’accroupir sans être vu. Giton se laissa pousser sans résistance, riant toujours, mais son rire se brisa net quand Encolpe le plaqua contre le mur, la pierre froide collant à son dos. « Tu veux jouer, petit ? » murmura Encolpe en lui agrippant les hanches, ses pouces s’enfonçant dans la chair ferme des fesses, là où la tunique s’était relevée toute seule, comme si elle avait hâte d’être écartée. « Alors on va jouer. D’un geste sec, il troussa le vêtement jusqu’à la taille, exposant Giton à l’air libre. Le garçon frissonna, mais pas de froid. Ses cuisses se serrèrent l’une contre l’autre, puis s’écartèrent légèrement, comme malgré lui. Encolpe grogna en voyant la peau pâle de ses fesses, encore marquée des traces roses des dernières corrections - les siennes, ou celles d’Ascyltos, il n’aurait su le dire. Peu importait. Ce qui comptait, c’était la façon dont Giton cambrait déjà les reins, offrant son cul comme s’il savait ce qui allait suivre.
« Penche-toi », ordonna Encolpe, la voix rauque. Giton obéit sans hésiter, les paumes à plat contre le mur, les doigts écartés comme s’il cherchait un appui. Encolpe se colla contre lui, sentant la chaleur de son dos, l’odeur âcre de sueur et de cette pommade bon marché qu’il s’était frottée dans les cheveux. Il passa une main entre les cuisses du jeune homme, trouvant son sexe déjà dur, la peau tendue sur la hampe, le gland luisant d’une perle de désir. « Putain de petit salopard », murmura-t-il en serrant, juste assez pour faire gémir Giton. « Toujours prêt, hein ? »

Il n’attendit pas de réponse. Ses doigts quittèrent le sexe de Giton pour remonter le long de son ventre, puis plus haut, jusqu’à ses tétons, qu’il pinça sans douceur. Giton sursauta, un son étouffé lui échappant. « Chut », murmura Encolpe en lui mordillant l’oreille. « Tu veux qu’on nous entende ? » Il ne lui laissa pas le temps de répondre. Sa main gauche maintint Giton en place, les doigts enfoncés dans sa hanche, tandis que la droite descendait plus bas, entre les fesses, là où la peau était plus douce, plus chaude. Il trouva l’entrée sans peine, encore serrée malgré les fois où il l’avait prise. Giton retint son souffle quand le doigt d’Encolpe commença à tourner, à appuyer, avant de s’enfoncer enfin, phalange par phalange, dans la chaleur humide de son corps.« Tu… tu vas me déchirer », haleta Giton, les doigts crispés contre la pierre.
« Non », répondit Encolpe en ajoutant un deuxième doigt, les faisant ciseaux pour l’ouvrir. « Je vais te préparer. Parce qu’aujourd’hui, petit, je te veux en entier. »

Giton gémit, un son brisé, et poussa ses fesses en arrière, comme pour prendre les doigts plus profond. Encolpe rit bas, sentant les muscles internes du jeune homme se contracter autour de ses phalanges. « Voilà. Comme ça. Montre-moi à quel point t’en as envie. » Il n’eut pas besoin de lui dire deux fois. Giton se mit à onduler, lentement d’abord, puis avec plus d’audace, ses hanches roulant en cercles serrés, ses gémissements devenant plus aigus, plus désespérés. Encolpe ajusta son propre vêtement d’un geste vif, libérant son sexe, déjà dur comme du bois, la peau tendue presque à craquer. Il cracha dans sa paume et s’enduisit rapidement, avant de replacer ses doigts contre l’entrée de Giton, cette fois pour guider son gland contre la chair palpitante.
Attends », commença Giton, mais le mot se transforma en un cri quand Encolpe poussa, d’un coup de reins sec, enfonçant les premiers centimètres en lui.
Putain ! »

Giton se raidit, les doigts griffant le mur, mais Encolpe ne lui laissa pas le temps de s’adapter. Il attrapa ses hanches à deux mains et enfonça le reste d’un seul mouvement, sentant la résistance céder dans un éclat de douleur et de plaisir. « Là. Maintenant tu m’appartiens!.hurla Giton. Peut-être était-ce un gémissement, Encolpe ne savait plus. Tout ce qui comptait ? Tout ce qui comptait, c’était la chaleur qui l’enveloppait, les muscles de Giton qui se contractaient autour de lui comme pour le chasser, puis l’aspirer plus profond. Il commença à bouger, d’abord par petits coups de reins, puis avec plus de force, chaque poussée faisant claquer leur peau l’une contre l’autre, le son humide se mêlant aux halètements de Giton.

« Plus fort », supplia le jeune  homme, la voix brisée. « S'il te plaît, Encolpe, défonce-moi.
Encolpe grogna, les doigts s’enfonçant dans la chair des fesses jusqu’à y laisser des marques.
Tu veux ça ? » Il donna un coup de reins si violent que Giton se cogna le front sur le mur.
« Tu veux  que je baise la petite  chienne que t'es ? »

Giton se cambra davantage, offrant son cul, ses gémissements devenant incohérents. « Oui, putain, oui… » Encolpe ne se fit pas prier. Il accéléra le rythme, ses hanches frappant les fesses de Giton avec des claquements sourds, chaque coup de bout enfonçant le garçon un peu plus contre le mur. Il pouvait sentir la sueur de Giton couler le long de son dos, entendre ses suppliques devenir de plus en plus désespérées, jusqu’à ce qu’elles ne soient plus que des sons rauques, presque animaux.« Je vais jouir », gronda Encolpe, les dents serrées. « Et tu vas tout prendre, petit. Tout. » Giton ne répondit pas. Il n’en était plus capable. Il se contenta de hoqueter quand Encolpe enfonça ses doigts entre le mur et son ventre, attrapant son sexe dur comme de la pierre, et commença à le branler en rythme avec ses coups de reins.
« Allez, jouis pour moi », ordonna Encolpe. « Montre-moi à quel point t’aimes ça. »

Ce fut comme si on avait rompu un barrage. Giton se raidit, un cri déchirant lui échappant tandis que son sexe pulsait dans la main d’Encolpe, éjaculant en jets chauds contre le mur. La sensation de ses muscles internes se contractant autour de la queue d’Encolpe fut trop pour ce dernier. Avec un grognement sourd, il s’enfonça jusqu’à la garde et déversa le sperme brûlant, remplissant Giton jusqu’à déborder, coulant le long de ses cuisses tremblantes. Pendant un long moment, il resta ainsi, haletant, le front collé contre l’épaule de Giton, sentant les frissons parcourir le corps du jeune homme à chaque soubresaut de son manche encore dur. Puis, lentement, il se retira, regardant avec satisfaction son sperme couler entre les fesses de Giton, épais et blanc, comme une offrande.

A cet instant, un esclave, attiré par les bruits étouffés, entra dans le couloir avec un panier de linge. Il était jeune, guère plus de vingt ans, mince avec des cheveux bouclés bruns et était vêtu seulement d’une sorte de pagne qui ne cachait même pas ses fesses rondes et dures. Un chaleur sensuelle se dégageait de lui. C’était le genre de garçon qui, le soir venu, devait faire les délices du dortoir où couchaient les esclaves. Au lieu de détourner les yeux, le nouvel arrivant observa lentement les deux garçons et son regard s’attarda sur le sexe encore à moitié bandé de Giton et les rubans de sperme qui coulaient sur ses cuisses. Il sourit en coin et posa le panier. « Vous avez besoin d'aide pour... nettoyer ? » proposa-t-il, les yeux toujours fixés sur Giton.Ce dernier ne répond pas, mais son corps, lui, hurlait son accord. Le jeune esclave s'approcha, son odeur de sueur envahissant l'espace entre eux. D'un geste lent, presque hésitant, il tendit la main pour effleurer la peau brûlante de la cuisse de Giton. Ses yeux étaient rivés sur le sexe de Giton, encore luisant de sperme et de lubrification. L'esclave ne se fit pas prier. Un sourire carnassier étira ses lèvres alors que,abandonnant totalement son panier de linge, et avec une hâte fébrile, il laissait tomber son pagne pour se montrer nu devant les eux hommes,

Giton, toujours essoufflé, attrapa la main de l'esclave et la guida vers son entrée. Le contact était électrique, une décharge qui parcourut la colonne vertébrale de Giton, faisant vibrer chaque pore de sa peau. Il gémit, la tête renversée contre le mur froid du couloir, alors que les doigts de l'esclave s'enfonçaient avec audace dans son entrée béante et palpitante. Le contact était brûlant. L'esclave ne se contenta pas de toucher ; il commença à masser l'ouverture, étirant les parois encore contractées par le plaisir, provoquant chez Giton un frisson violent qui fit cambrer son dos.Encolpe, debout et encore haletant, observa la scène avec une fascination croissante. Voir ce serviteur, d'ordinaire invisible, se livrer avec autant de voracité aux plaisirs de son compagnon fit gonfler son membre une nouvelle fois. Il sentit son sang bouillonner, une excitation brute et primitive le saisissant. Il ne repoussa pas l'intrus ; au contraire, il s'approcha, dominant les deux hommes de sa stature.« Tu as l'air très motivé pour le nettoyage, esclave », railla Encolpe d'une voix rauque, tout en saisissant les cheveux du serviteur pour forcer son visage à se lever vers lui. « Agenouille-toi devant moi ! » L'esclave, le regard brillant de luxure, ne répondit pas avec des mots. Il se mit à genoux, ouvrit grand la bouche et s'empara du sexe dressé d'Encolpe, l'engloutissant d'un coup avec une ferveur désespérée. La chaleur de sa gorge et la succion puissante de sa langue firent gémir Encolpe, qui ferma les yeux, savourant ce double plaisir : sentir Giton se faire manipuler en dessous tandis qu'il se faisait sucer avec vigueur.

Giton, stimulé par les doigts agiles de l'esclave qui cherchaient maintenant sa prostate avec précision, commença à s'agiter. « Prends-moi... vite... » supplia-t-il, sa voix brisée par l'extase. L'esclave, tout en continuant de sucer et de lécher le sexe d'Encolpe, utilisa son autre main pour attraper les fesses de Giton, les écartant largement pour mieux voir l'entrée rougeoyante et tremblante. Il finit par sortir ses doigts pour remplacer son toucher par son propre membre, déjà dur et impatient. Sans aucune hésitation, il poussa sa queue dans le cul de Giton, s'enfonçant d'un coup sec. Giton poussa un cri étouffé, sa main se refermant violemment sur l'avant-bras d'Encolpe. Le contraste était saisissant : l'esclave frappait avec une force brutale et rapide, tandis qu'Encolpe, toujours dans la bouche du serviteur, rythmait les poussées de ses hanches, utilisant la tête de l'esclave comme un support pour s'enfoncer plus profondément dans sa gorge.

Le couloir résonnait désormais de bruits crus : le claquement des peaux qui s'entrechoquaient, les succions humides et les gémissements désordonnés des trois hommes. Encolpe regardait avec un plaisir sadique l'esclave s'acharner dans le cul de Giton, voyant le corps de ce dernier tressaillir à chaque coup de reins.L'excitation atteignit son paroxysme. Encolpe, sentant le point de non-retour, accéléra le mouvement de son bassin, forçant l'esclave à avaler presque tout son membre. Dans un dernier spasme violent, il jouit abondamment, remplissant la bouche du serviteur de jets de sperme chaud et épais. Presque simultanément, l'esclave, poussé par l'intensité des contractions de Giton, poussa un grognement animal et vida sa semence profondément dans les entrailles de Giton.

Les trois hommes restèrent là, entremêlés, le silence revenant peu à peu dans le couloir, seulement troublé par les respirations haletantes. Le sperme dégoulinait le long des cuisses de Giton et du coin des lèvres de l'esclave. Encolpe renvoya l’esclave. « Prends ton panier et disparaît. Et ne va pas te vanter de ta bonne aventure auprès des autres si tu ne veux pas te faire fouetter ! Nettoie-toi la bouche et file ! » L’esclave disparut sans perdre une seconde, trop content du bon moment que les dieux Lares lui avaient envoyé.

Encolpe se retourna vers Giton, affalé contre le mur, vidé, mais repu de sexe après avoir accueilli deux hommes affamés de sexe de suite. « Maintenant », murmura-t-il , presque jaloux de ne pas avoir été aussi pris et bourré que le jeune Giton, « même les dieux seraient jaloux de toi. »
Giton rit faiblement, les jambes tremblantes, incapable de se tenir debout sans l’appui du mur. « T’es con, », murmura-t-il. « Vous m’avez bourré comme des tarés. Je pourrai même pas m’asseoir demain ! »

Encolpe lui donna une tape sur la fesse, le faisant sursauter. « Oui, mais toi, t’es à moi. » Il rabaissa la tunique de Giton d’un geste possessif, avant de se rhabiller à son tour. « Allez, viens. On va essayer de trouver à manger vers les entrepôts de la Porta Marina. »
Giton le suivit, les cuisses encore collantes, un sourire satisfait aux lèvres. Dehors, dans la palestre, les lutteurs avaient repris leur entraînement, indifférents à ce qui venait de se passer dans l’ombre. Mais Encolpe savait une chose : avant la fin de la journée, Ascyltos aurait vent de leur étreinte. Et alors, la vraie partie commencerait


PARTIE 2 -  Giton et Encolpe à Pompei, le 17 octobre 79

Le Forum grouillait de vie sous le soleil de Campanie. Les étals du marché de Pompéi regorgeaient d’amphores d’huile, de sacs de blé, ainsi que de fromages et de saucisses suspendus en grappes. L’air était chargé d’un mélange d’odeurs : épices, poisson frais, sueur et poussière. Au milieu de la foule, deux silhouettes décharnées se frayaient un chemin, les yeux vifs et les mains agiles. Encolpius, le visage émacié par la faim, ouvrait la marche devant Giton, plus jeune et tremblant. D’un geste rapide, Encolpius s’empara d’une poignée de figues sèches sur un étal et les fourra sous sa tunique usée, tandis que Giton attrapait un morceau de galette laissé sur un autre étal. Un marchand se mit à crier, mais ils avaient déjà disparu dans la foule, le cœur battant à tout rompre. Ils quittèrent le Forum et ses majestueuses colonnades et se dirigèrent vers le quartier du Grand Amphithéâtre. L’espoir les rongeait : peut-être pourraient-ils se glisser parmi les spectateurs et recevoir un peu de la nourriture distribuée pendant les jeux ? En s’approchant, ils se cachèrent derrière une colonne pour observer l’entrée des gladiateurs.

Au moment même où ils arrivaient, un homme descendait d’une litière portée par quatre esclaves. Il était vêtu d’une toge blanche bordée d’une bande pourpre – du genre de celles que portaient les patriciens les plus éminents. Mais ce qui attira le regard des deux jeunes gens affamés, ce fut l’éclat de ses bagues : ses mains en étaient couvertes. Il portait également un collier en or ouvragé, serti de pierres précieuses sombres. Il s’adressait d’un ton autoritaire à un lanista, le maître des gladiateurs, à l’entrée de la caserne. Un sourire de satisfaction illuminait son visage.
Il est venu rendre hommage à quelques héros de l’arène et se soumettre à la puissance de leur virilité », murmura Encolpius avec un mélange de mépris et de jalousie. Giton, les yeux écarquillés par l’éclat de l’or, ne répondit pas. Ils regardèrent l’homme pénétrer dans l’enceinte réservée aux combattants, suivi d’un esclave portant un panier qui devait contenir des présents.

Soudain, un grondement sourd et profond secoua le sol sous leurs pieds. Ce n’était pas le tonnerre ; cela venait du centre même de la terre. Les colonnes vibraient, et une fine poussière tombait des corniches. Dans la rue, les cris des marchands et des passants s’éteignirent d’un seul coup, remplacés par un silence stupéfait. Puis le bruit s’amplifia, comme si la terre elle-même cédait sous leurs pieds. Une amphore tomba d’un étal et se brisa dans un fracas de poterie qui sembla briser ce moment suspendu. Le ciel, qui était d’un bleu si pur quelques instants plus tôt, commençait à s’assombrir à l’horizon.

La secousse frappa comme un coup de pied à la poitrine. L’instant d’avant, l’endroit bourdonnait encore, les passants s’interpellaient, les marchands criaient, et l’instant d’après, le monde s’effondrait, réduit en poussière. Un gémissement assourdissant de pierre engloutit tous les autres sons. La main d’Encolpe se referma sur le poignet de Giton avant que le jeune homme n’ait pu pousser le moindre cri.

«Bouge. Tout de suite. Vite ! »
Giton trébucha, son visage parfait figé par le choc. Ses boucles dorées formaient un halo poussiéreux dans cette étrange lumière plate. De la poussière, épaisse et suffocante, tourbillonnait déjà au pied de la colonne la plus proche, où un réseau de fissures filait vers le sommet. Une statue de Vénus trembla sur son socle avant de s’écrouler.
Encolpe ! » La voix de Giton résonna comme un crochet acéré dans le chaos. Il s’agrippa, ses doigts fins s’enfonçant dans la laine rugueuse de la tunique d’Encolpe. Mais ses grands yeux terrifiés ne se posaient pas uniquement sur son amant. Ils se posèrent, l’espace d’un battement de cœur, par-dessus l’épaule d’Encolpe.

Encolpe suivit ce regard. De l’autre côté de la place qui s’effondrait, à l’abri sous l’arc tremblant d’un portique, se tenait Ascyltus. Il ne courait pas. Il observait. Un sourire narquois et familier transperçait la poussière qui recouvrait son visage. Il regardait droit vers Giton.
Une rage brûlante et immédiate balaya la peur d’Encolpe. Il attira Giton contre lui, le corps du garçon léger et souple. « Si tu le regardes encore, je te jure par tous les putains de dieux qui font trembler cette montagne que je t’aveuglerai. » Sa voix n’était qu’un grognement sourd à l’oreille de Giton. Ce n’était pas une plaisanterie.

Un craquement tonitruant déchira l’air. Une colonne, juste à leur droite, céda, le marbre s’écaillant comme un fruit pourri. Elle s’écroula, explosant sur le pavé où ils se tenaient quelques secondes auparavant. Des éclats de pierre leur fouettaient le visage. « Cours ! » Cette fois, Encolpe le bouscula, les propulsant tous les deux dans des ruelles étroites et enfumées de poussière. Le monde n’était plus que bruit, cris et le frémissement profond et viscéral de la terre qui tremblait sous leurs pieds nus. Ils coururent, les poumons en feu. Encolpe ne le lâcha pas. Il entraîna Giton à travers un dédale de ruelles, loin du cœur de la ville en train de s’effondrer,

Après quelques minutes Giton s’affaissa contre un mur, la poitrine haletante. Un fin voile de sueur et de poudre faisait briller sa peau. Il tremblait. Encolpe s’appuya contre l’encadrement de la porte d’une maison effondrée, faisant obstacle à la lumière, l’observant. La peur dans les yeux de Giton avait changé. Elle s’était aiguisée, avait pris un éclat tranchant. Le frisson de la poursuite, de la fuite. Ça lui faisait toujours cet effet.
« Il t’observait », dit Encolpius d’une voix rauque.
« Tout le monde m’observe », souffla Giton, un fantôme de son sourire timide réapparaissant. Il repoussa une boucle humide de son front. « Toi plus que tout le monde. »

Encolpe franchit la petite distance en deux enjambées. Il coinça Giton contre le mur, ses mains frappant le plâtre de part et d’autre de cette tête magnifique et exaspérante. Il sentait les vibrations résiduelles dans la pierre, ou peut-être n’était-ce que son propre pouls. « Non. Ne joue pas à ce jeu-là. Pas maintenant. » Les lèvres de Giton s’entrouvrirent. Son souffle était haletant. « Quel jeu ? C’est la fin du monde. Qu’y a-t-il d’autre ? »

Ces mots étaient une provocation, et ils atteignirent leur but. Encolpe écrasa sa bouche contre celle de Giton. Ce n’était pas un baiser d’affection ; c’était une revendication. Une punition. Giton gémit, son corps se cambrant pour s’éloigner du mur et se presser contre la dureté d’Encolpe. Ses mains se levèrent, non pas pour le repousser, mais pour agripper les épaules d’Encolpe, ses doigts griffant le lin humide de sueur. Les mains d’Encolpe quittèrent le mur. L’une d’elles se glissa sous la cuisse de Giton, la soulevant contre sa hanche, pressant leurs corps l’un contre l’autre. Le tissu rugueux de leurs tuniques formait une barrière exaspérante. D’un coup sec et brutal, Encolpe déchira l’épaule du vêtement de Giton, le lin se déchirant comme un soupir. La surface lisse et imberbe de sa poitrine et de son épaule fut mise à nu. « Tu veux du public ? » grogna Encolpe contre sa gorge, mordant la jonction délicate entre son cou et son épaule. Giton poussa un cri, un son aigu et doux. « Tu veux qu’il nous voie ? Qu’il nous trouve. Qu’il voie ce qui m’appartient. »

Il fit pivoter Giton, plaquant son torse contre le mur poussiéreux. Giton haleta, ses mains s’écartant contre le plâtre pour garder l’équilibre. Encolpe remonta la tunique en lambeaux jusqu’à la taille de Giton, dévoilant les courbes pâles et parfaites de ses fesses. Il n’attendit pas. Il ne se prépara pas. Il cracha dans sa paume, s’enduisa grossièrement de salive, puis pressa le bout de sa queue contre cet anneau serré et interdit.

« Encolpe, s’il te plaît… » La voix de Giton était brisée.
« S’il te plaît quoi ? » Encolpe s’enfonça d’un coup violent et implacable. Giton hurla. Le son fut étouffé par les murs épais et le grondement lointain de la ville agonisante. Son corps se raidit, serré comme dans un étau par le choc et la douleur, puis céda peu à peu, acceptant cette invasion brutale. Encolpius resta enfoncé jusqu’à la garde, sentant battre autour de lui le pouls sauvage et frénétique de Giton. Il se pencha, recouvrant le corps de Giton du sien, la bouche contre son oreille.

« Ça. Voilà ce que tu es. Cette chaleur. Cette chaleur serrée, putain de glissante. À moi. » Il se mit à bouger, par des coups courts et punitifs qui faisaient balloter Giton contre le mur. « Si tu le regardes encore une fois, je te baiserai devant lui, sur les pierres brisées du forum. Tu comprends ? » Giton ne put qu’acquiescer, un sanglot étouffé s’échappant de ses lèvres à chaque coup de reins. Son malaise s’était dissipé, transformé en une faim brute et débridée. Il se cambra contre Encolpe, répondant à chacun de ses coups de reins, sa propre queue dure et coincée entre son ventre et le mur. « Oui… oui… à toi… » Les mots résonnaient comme un chant saccadé.

La main d’Encolpe s’enroula autour de la taille fine de Giton, saisissant son sexe, le caressant au rythme de ses propres coups brutaux. Le tempo était effréné, un accouplement désespéré à la fin du monde. La sueur luisait sur leur peau, se mêlant à la poussière omniprésente. Les seuls sons étaient leurs souffles saccadés, le claquement de la peau contre la peau, la douce et obscène humidité du sexe d’Encolpe s’enfonçant en lui.
Giton jouit le premier, dans un cri déchiré, son sperme éclaboussant le mur crasseux tandis que son corps se convulsait autour d’Encolpe, le pressant comme un melon. Ces contractions intenses et rythmées arrachèrent l’orgasme à Encolpe. Il s’enfonça une dernière fois de toutes ses forces, son cri un rugissement brut et sans mots contre la tunique déchirée de Giton, déversant sa semence au plus profond de lui alors que le sol tremblait d’un dernier frémissement creux sous leurs pieds. Il s'effondra contre le dos de Giton, épuisé, le sang battant bruyamment dans ses oreilles. Ils restèrent ainsi, unis, haletants dans la lumière tamisée et crasseuse.

Un applaudissement lent et moqueur résonna depuis l’embrasure de la porte. Encolpe se figea. Giton gémit sous lui. Ascyltus était adossé au cadre de la porte, sa silhouette coupant la lumière. Son regard parcourut le dos dénudé de Giton, la tunique déchirée, la preuve ruisselante de leur accouplement. Son sourire était un éclair blanc dans la pénombre.
« Un poète jusqu’au bout, Encolpe. Même tes baises sont dramatiques. » Il fit un pas à l’intérieur, les yeux rivés sur Giton. « La montagne crache des cendres, mes amis. Le ciel s’assombrit. Et te voilà, en train d’écrire ta dernière ode avec ta bite. »
Ascyltus se contenta de rire, d’un rire doux et dangereux. « Ne t’arrête pas à cause de moi. Ça commençait juste à devenir intéressant. » Son regard croisa celui de Giton par-dessus l’épaule d’Encolpe. « Tu as toujours aimé avoir un public, mon cher Giton. Tu ne l’as simplement jamais admis. »

Dehors, à travers la porte ouverte, les premiers flocons de cendre grise commençaient à tomber, silencieux et mortels comme du poison.











         
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